Prix du court métrage 2026

Le court métrage est souvent la voie d’accès vers des formes cinématographiques qui nécessitent plus de financement. C’est aussi pour le documentaire un format qui permet d’explorer toutes sortes de sujets et de narrations. Pour la première fois cette année nous remettrons un prix à l’une de ces œuvres afin de soutenir ces parcours de cinéastes. 

Le Prix du Court métrage documentaire est doté de 1000€ par la ville de La Rochelle. 

Les courts métrage sont éligibles, comme tous les films de sélection officielle hors Focus et séances spéciales, au Prix du documentaire contre la haine et les discriminations, doté d’un montant de 800€ par WorkSaga. 

 

This is your Captain speaking

Nienke Deutz / Digna Van Der Put 

Pays-bas/Belgique- 14′ – VOSTFR

Si tu pouvais voler une journée, que ferais-tu ? Un groupe de voisins répond à cette question alors que nous suivons leur vol. En cours de route, nous apprenons à connaître les personnages et il devient clair que ce fantasme a une signification différente pour tout le monde. 

Nienke Deutz (1986) est réalisatrice et animatrice basée à Rotterdam (NL) dont les films traitent de l’expériences humaines, l’aliénation. Ses films Bloeistraat 11 (2018) et The Miracle (2023) remportent de nombreux prix mondialement. En 2023, Deutz, en collaboration avec les cinéastes Alice Saey et Wiep Teeuwisse, a créé Tinsel Studio — un collectif dédié à la réalisation et à la production de films d’animation indépendants. 

Digna van der Put (1980) est réalisatrice, superviseuse d’animation et animatrice  spécialisée dans l’animation 2D à Rotterdam (NL) où elle dirige son propre studio d’animation ensemble avec Ka-Ching Cartoons. Elle a co-réalisé le court-métrage This Is Your Captain Speaking avec Nienke Deutz, et elle co-dirige actuellement le long métrage Dikkie Dik maakt het goed produit en collaboration avec Ka-Ching Cartoons. 

Dimanche 8 novembre à 14h au CGR Dragon

Orbites 

Sarah Seené 

Canada – 23′ – VF

Parce qu’elle a perdu la vue il y a quelques années, Marie-Christine explore la vie d’une manière sensible, depuis la pulpe de ses doigts. À travers son expérience personnelle, elle éveille son fils à la curiosité et à l’émerveillement que lui inspire la beauté de l’univers. Rassemblant une constellation d’images analogiques texturées et un bouquet de nappes sonores caressantes, Orbites incarne une plongée dans la mémoire sensorielle de Marie-Christine et porte une réflexion sur l’aspect fondamental de l’amour et de la transmission. 

Sarah Seené est une photographe et cinéaste basée à Montréal qui explore l’image analogique. Sa pratique artistique ne fait qu’un avec ses réflexions féministes et anti-validistes. À travers une imagerie sensible et poétique, son travail interroge la représentation de la douleur chronique, de la santé mentale et des personnes en situation de handicap. Ses courts métrages documentaires ont été présentés dans de nombreux festivals, dont le Ann Arbor Film Festival, le Sheffield Doc Fest, les Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal – RIDM et le Festival DOXA. Son film Orbites a remporté le Grand Prix canadien et le Prix que la Critique internationale FIPRESCI au festival REGARD. 

Samedi 7 novembre – 13h30 – CGR Dragon

Il Velo Dei Sensi 

Elisa Baccolo 

Italie – 19′ – VOSTFR

Dante est né aveugle. Il n’a jamais vu le monde et ne possède aucune image à convoquer, aucune mémoire visuelle sur laquelle s’appuyer. Son univers se compose de sons, de textures, de goûts et de parfums : une trame vivante qui se déploie autrement et ouvre de nouvelles manières de percevoir et d’imaginer le réel. Le film nous invite à pénétrer dans son monde intérieur, un espace où l’absence de regard devient une intensité sensorielle. À travers son expérience, le quotidien se révèle sous un jour inédit, et la réalité se redessine dans la profondeur des autres sens. 

Il Velo Dei Sensi 

Elisa Baccolo 

Italie – 19′ – VOSTFR

Née en 1991. Elle a étudié la philosophie à l’Université d’État de Milan. En 2016, elle a obtenu un Doctorat en Neurosciences Cognitives à l’Université de Milan-Bicocca, tout en poursuivant un diplôme en réalisation de documentaires à la Scuola Civica di Cinema Luchino Visconti. Réalisatrice indépendante depuis 2020, elle travaille aussi comme assistante de production, auparavant à Paris, actuellement à Lugano. 

Dimanche 8 novembre à 14h au CGR Dragon

Équarrisseurs 

Hippolyte Burkhart-Uhlen 

France – 10′ – VF

Un soleil intense rayonne sur les falaises. Dans le ciel, des centaines d’oiseaux, en ombres, se mettent à tournoyer et descendent vers une place, où gisent plusieurs cadavres de brebis. Le silence est intense. Et d’un coup, d’un seul mouvement tumultueux, des dizaines de vautours fondent sur les charognes, comme une vague de plumes, de becs et d’os. 

Hippolyte Burkhart-Uhlen est un réalisateur de documentaires issu de l’IFFCAM, après un passage par les bancs de Ciné-Sup (Nantes) et de l’INSAS (Bruxelles). Il habite et travaille dans la montagne vosgienne, et ses films traitent de notre rapport à la Nature, en cherchant à créer un cinéma sensoriel et immersif. 

Samedi 7 novembre – 13h30 – CGR

Huit litres et demi jusqu’à l’aube 

Bruno Pieretti 

France/Syrie – 29′ – VOSTFR

A Damas, Muhammad, conducteur de taxi de nuit, est témoin des vies brisées de ses passagers. Dans les rues sombres et parfois dangereuses de cette ville scarifiée, chaque client se livre et raconte ses luttes quotidiennes, ses espoirs, et ses souvenirs du conflit et de la libération. Le film offre un portrait intime et poignant de la résilience des Syriens, partagés entre un passé hanté par la guerre et un avenir incertain. 

Né à Paris en 1986, Bruno Pieretti a grandi en Seine-et-Marne. Titulaire d’un master en sciences politiques, il revendique un parcours « fragmenté, fait de détours et de ruptures ». Il a connu plusieurs vies : « enseignant, reporter de guerre, cuisinier au Canada, capitaine d’une compagnie de combat terrestre ». Ses différentes carrières l’ont mené aussi bien en banlieue qu’au Sahara ou dans les champs brûlés de Tchernihiv. Le cinéma l’accompagne depuis toujours. Il confie : « J’ai toujours voulu faire des films ». Pourtant, il choisit d’attendre avant de s’y consacrer pleinement, estimant qu’il devait d’abord vivre. Il explique ne pas avoir voulu « parler trop tôt » : « J’avais besoin d’expériences réelles, inconfortables », affirmant que « le temps du cinéma était pour [lui] le temps d’après »

Lundi 9 novembre – 13h30 – Médiathèque

Hasta manana si Dios quiere 

Alejandro Egido 

Espagne – 29′ – VOSTFR

Alejandro Egido retourne dans le village de sa famille paternelle, un lieu situé sur le plateau castillan où, depuis des années, il ne revient que pour enterrer des membres de sa famille. Il y passe quelques jours avec Carmen et Tomasa, les sœurs de son grand-père, qui partagent un quotidien marqué par la routine et l’absence. À travers un récit intime, Hasta mañana si Dios quiere établit un subtil parallèle entre la fragilité de la vie humaine et celle d’un village appelé à bientôt disparaître. 

Alejandro Egido est né à Barcelone en 1997 et s’est formé au cinéma en autodidacte. Son intérêt pour la réalisation cinématographique l’a conduit dans un petit village de la province de Soria, d’où est originaire sa famille paternelle. C’est là qu’il a commencé le tournage de son premier film, Hasta mañana si Dios quiere. Il développe actuellement de nouveaux projets cinématographiques. 

Lundi 9 novembre – 13h30 – Médiathèque

Ghesseh Bar Yad Ast (As I Lay Dying) 

Mohammadreza Farzad  
Pegah Ahangarani  

Iran – 15′ – VOSTFR

À l’écran, des images du Mouvement vert défilent, une vague de manifestations en Iran qui a commencé à l’été 2009, en réponse à la fraude électorale présidentielle en faveur du président sortant Mahmoud Ahmadinejad. Les images tremblantes prises à la main capturent à la fois l’énergie de la foule et la panique lorsque des coups de feu retentissent soudainement.  

Mohammadreza Farzad a commencé sa carrière comme poète et traducteur littéraire. Il débute avec Into Thin Air (2011) et Blames and Flames (2012) puis poursuit avec Forget-Me-Not Egg (2013) et Wedding : A Film (2015) qui sont projetés dans de nombreux festivals. Mohammadreza Farzad a été doctorant à la Film Factory dirigée par l’auteur hongrois Béla Tarr. Il travaille actuellement sur son premier long métrage, A Gaze Long into the Abyss. 

Pegah Ahangarani est une actrice, réalisatrice et scénariste iranienne. Figure majeure du cinéma de son pays, avec plus de 40 films, elle vit aujourd’hui en exil à Londres après avoir subi la répression politique. Révélée internationalement par La Fille aux baskets (1999), elle réalise aussi des documentaires engagés comme J’essaie de ne pas oublier (2021) et Mon père (2023). En 2026, Viendra la révolution reçoit L’Œil d’or du meilleur documentaire à Cannes. 

Samedi 7 novembre – 13h30 – CGR Dragon

Generace Nika 

Vojtěch Hönig  

Tchéquie – 13′ – VOSTFR

Cette série documentaire nous montre la vie quotidienne des jeunes Ukrainiens aux abords de la ligne de front. Leur enfance, qu’on pourrait comparer sur certains points à celles de n’importe quel enfant, reste tout de même terriblement différente.  

Un groupe de 10 jeunes de Kharkiv se prépare à tourner un film amateur ensemble. La production, réalisation et forme final compose les piliers de cette série. 

Vojtěch est un réalisateur, photographe, documentariste ayant passé de multiples années travaillant dans les pays de l’ex-URSS.  

Depuis le début de la guerre, il travaille en Ukraine en tant que correspondant à l’étranger pour la télévision Tchèque, où il a réalisé, avec Michal Kubal, le documentaire primé Faces of War, ainsi que l’une des premières interviews avec le président Volodymyr Zelensky.  

Dimanche 8 novembre – 14h – CGR Dragon

Devotee 

Palmieri Roberta / Rubattu Francesco  

Italie – 30′ – VOSTFR

Manuela chatte en ligne avec un inconnu, un homme ayant un fétiche pour les femmes en fauteuil roulant, comme elle. Après six ans d’anonymat de sa part, elle décide de le rencontrer. 

Roberta Palmieri est née à Chieti en 1994. En 2021, elle écrit Capitan Didier, réalisé par Margherita Ferri, qui a reçu la Mention Spéciale à la cérémonie des Rubans d’argent. En 2024, elle réalise Dieci Secondi (Dix secondes), qui fait sa première au festival du film de Turin. Elle a été sélectionné pour réaliser la série Netflix Becoming Maestre, promu par le prix David di Donatella, duquel le court métrage Goodbye Pig est né. En 2024, elle co-réalise Ziki, avec Olga Sargenti, un court d’animation (SIAE – Per Chi Crea) et Devotee, un documentaire co-réalisé avec Francesco Rubattu. 

Francesco Rubattu est né en 1995. En 2020, il co-écrit le documentaire Paternicillina. En 2025, il réalise le court métrage Pische Siluru et co-réalise Devotee. Il présente le documentaire El Draa, produit par Laguna Film Lab et Zalab Docs, pour sa première officielle aux Journées des auteurs – 82e édition de la Mostra de Venise. Il développe en ce moment son prochain court métrage, Wynter Lyng, et la série TV Metroboys.

Samedi 7 novembre – 13h30 – CGR Dragon

Comme une pieuvre 

Maude Vuillez  

France – 22′ – VF

Plongez sous l’eau… qu’entendez-vous ? Pas grand-chose. Un ensemble confus et lointain. Grandir sourde dans un monde d’entendants, puis rencontrer des jeunes comme soi… s’interroger sur son identité, sans considérer la surdité comme une fatalité. 

Après des études de cinéma, de culture et de communication, le montage s’est présenté à Maude comme une évidence. Elle aime travailler sur des films qui ont du sens, et surtout des documentaires. Elle a tenu à réaliser un film sur la surdité, sujet qui lui est cher, pour son film de fin d’année à La Fémis.  

Lundi 9 novembre – 13h30 – Médiathèque

Allá, la luz no se va 

Marius Larrayadieu 

France/Cuba – 32′ – VOSTFR

Chaque année, près de 450 000 Cubains quittent leur pays. Ils et elles traversent la mer pour fuir un régime politique épuisé, les pénuries et les ouragans. À La Havane, certains pleurent ceux qui partent, tandis que ceux qui restent tentent de s’échapper autrement. 

Né en 2001, Marius Larrayadieu est un réalisateur documentaire dont le travail explore le quotidien, l’intimité et les territoires. En 2022, il réalise Vivre selon ses valeurs (52 min), diffusé sur France 3 Normandie. Son nouveau film, Allá, la luz no se va, consacré à la crise migratoire à Cuba, a été sélectionné dans plusieurs festivals internationaux (FIPADOC, Shorts Mexico, Makedox…) et diffusé sur Mediapart. Dans le cadre de son mémoire en anthropologie visuelle à l’Université Paris Nanterre il a réalisé une ethnographie de l’intime à La Havane dans un contexte de crise. 

Dimanche 8 novembre – 14h – CGR Dragon

I think you should be there 

Anna-Marija Adomaityté / Elie Grappe 

France/Suisse – 12′ – VF

Sept filles près de Genève, sur le point d’atteindre l’âge adulte, se souviennent dans leur les mots et les danses de TikTok qui ont façonné leur jeunesse. Entre mémoire intime et mémoire collective, ils dérivent de la pièce à la room, dansant pendant une dernière nuit suspendue alors qu’ils cherchent connexion et identité, poussant leurs gestes à la limite. 

ANNA-MARIJA ADOMAITYTĖ  

Elle a étudié la danse contemporaine à La Manufacture et les arts visuels à l’ECAL. Elle a ensuite fondé la compagnie de danse contemporaine A M A et, avec Gautier Teuscher, créé deux pièces présentées à l’international. Son travail a été coproduit par le Pavillon ADC et le Théâtre Vidy-Lausanne. Elle a reçu la subvention culturelle de la Fondation Leenaards et le prix June Johnson.  

 

ELIE GRAPPE  

Ecrivain et réalisateur franco-suisse, il a étudié musique classique avant d’assister à l’ECAL. Son premier long métrage, OLGA (2021) a remporté le Prix SACD lors de la Semaine de la Critique à Cannes. En 2022, il était la soumission de la Suisse aux Oscars. Le film a remporté trois prix Swiss Film Prix et a été publié dans 38 pays.  

Lundi 9 novembre – 13h30 – Médiathèque